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La commission économie, finances et du contrôle de l’exécution du budget, a procédé le jeudi 27 juin 2019, au palais du parlement, à l’audition du ministre des transports, de l’aviation civile et de la marine marchande, Fidèle DIMOU, sur le litige qui oppose les sociétés opérant sur la plateforme aéroportuaire de Brazzaville et de Pointe-Noire, au sujet de la convention de concession des aéroports de BZV, P/N et Ollombo dont l’exécution souffre de diverses interprétations. But visé, chercher des solutions à la résolution de cette situation qui gangrène un domaine jugé sensible, celui de la sécurité aérienne. C’était sous la direction du bureau de cette commission parlementaire, présidé par le député Maurice Mavoungou.
Cette rencontre élargie aux différents protagonistes notamment AERCO, le BCS, l’ANAC et SERVAIR CONGO, a connu également la participation des cadres de l’administration du portefeuille public. Répondant aux 10 préoccupations traduites par les membres de la commission dont la substance se résume : au caractère juridique de cette convention de concession ; le suivi de sa mise en œuvre ; le rôle de chacune des parties ; les points de blocage, le ministre Fidèle DIMOU, a laissé entendre que dans le cadre de cette convention de concession de service public signée par le gouvernement, il existe le concédant qui est l’Etat, représenté par ses démembrements et le concessionnaire, qui est la société AERCO. Et chaque partie, a-t-il poursuivi, est soumise aux droits et obligations, connait son rôle et joue sa partition. Le cahier de charges relatif à ladite concession, prescrit à la société AERCO, la mission de gérer les aéroports de Brazzaville, Pointe noire et Ollombo. Né de la volonté du gouvernement, le BCS (le bureau de contrôle et de surveillance), bras technique de l’Etat dans le cadre de cette concession, veille au respect des normes internationales de sureté aéroportuaire et demeure l’interlocuteur direct du gouvernement auprès du concessionnaire. De ce fait, le BCS tire la grande partie de la ressource financière relative à son fonctionnement de la subvention mensuelle versée par AERCO dont le montant est de 400 millions de FCFA l’année.
L’agence nationale de l’aviation civile(ANAC), en est aussi un acteur de plus dans la mesure où elle constitue l’autorité aéroportuaire au Congo. Avec un budget en pleine dégringolade année après année, l’ANAC ne gère plus les aéroports du fait de la concession, bénéficie d’une subvention d’équilibre. Selon le ministre des transports, de l’aviation civile et de la marine marchande, la polémique est née du fait de la crise financière que traverse le Congo et qui n’a pas épargné le secteur aérien congolais. Cette crise financière dont la conséquence est l’arrêt des activités de certaines compagnies aériennes notamment ECAIR et réduisant de fait le volume du trafic passagers. Cette situation, a dit le ministre, a plongé le concessionnaire AERCO dans une situation financière difficile ne lui permettant plus d’assurer ses obligations. Conséquence, AERCO se retrouve aujourd’hui en cessation de paiement, fortement endetté, avec des créances aussi restées impayées de la part de ses partenaires et de l’Etat. Donc, AERCO doit de l’argent et on doit aussi à Aerco près de 12 milliards de FCFA de dette.
Le tour de table de cette rencontre a fait souligner que la présente concession a porté dès sa mise en œuvre les tares de sa propre destruction. Et, au-delà de plus de 5 ans déjà, il convient de la revisiter pour le bien de toutes les parties. Des interventions des membres de la commission, il a été retenu que les mesures d’urgence pour apaiser la tension passent par : l’augmentation du prix du tarif passager pour améliorer la trésorerie de la société AERCO ; la convocation de la réunion interministérielle de toutes les composantes à la convention de concession ; la convocation de la réunion des actionnaires ; l’inscription du budget du Bcs et la relance des activités de la société Ecair dans la loi de finances 2019. A noter que l’Etat congolais participe au capital d’AERCO comme actionnaire à hauteur de 15% et assure la présidence du conseil d’administration de cette société.
